Recep Tayyip Erdogan : une candidature officielle pour 2028
Recep Tayyip Erdogan, né le 26 février 1954, est un homme d'État turc. Cofondateur du Parti de la justice et du développement, il a été Premier ministre de 2003 à 2014, puis président de la République de Turquie depuis 2014. Selon les informations disponibles, il est officiellement candidat à sa réélection début 2028. Cette annonce intervient dans un contexte politique intérieur tendu, marqué par des procédures judiciaires visant l'opposition et par une série de dossiers internationaux.
Candidature et calendrier électoral
- Le président Erdogan est officiellement candidat à sa réélection début 2028.
- Une élection anticipée pourrait se tenir le 16 avril 2028, soit un mois avant la fin théorique de son mandat de cinq ans.
- Cette décision devrait être prise avec le soutien de 360 parlementaires sur 600.
- La candidature s'inscrit dans un paysage politique où le principal parti d'opposition, le CHP, est affaibli par des actions judiciaires et policières.
- Le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, principal rival d'Erdogan, fait face à un procès où il encourt jusqu'à 2 352 années de prison. Il semble définitivement écarté de l'élection présidentielle.
Répression contre l'opposition et la société civile
- La police s'est emparée du siège du principal parti d'opposition, le CHP.
- La justice a écarté toute la direction du CHP, manière de dégager la voie avant des élections anticipées.
- Le journaliste Fatih Altayli, l'un des commentateurs politiques les plus populaires du pays, a été condamné à quatre ans et deux mois de prison pour menace envers le président Erdogan.
- Le rédacteur en chef du magazine satirique Leman a été arrêté à Istanbul pour une caricature controversée. Il s'agit de la cinquième interpellation liée à ce dessin.
- Six chanteuses turques sont poursuivies pour atteinte aux bonnes mœurs, un procès pour exhibitionnisme qui illustre la volonté du régime de mettre au pas la culture.
- Un projet de loi menaçant les personnes LGBT+ pourrait être adopté, avec des poursuites possibles contre les personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres.
- Le pouvoir s'en prend également à l'une des principales confréries religieuses, la confrérie des Suleymanci, accusée de manifester son hostilité au pouvoir absolu du président.
Opposition politique : divisions et nouveaux partis
- L'ancien chef du Parti républicain du peuple, Özgür Özel, démis de ses fonctions en mai, a annoncé la création d'un nouveau mouvement d'opposition face à l'AKP.
- La division s'installe entre une frange de l'opposition complaisante à l'égard du pouvoir et une autre qui entend continuer de le défier.
- Le principal rival du président, Ekrem Imamoglu, comparaît devant les juges, tandis que son parti est menacé.
- La police a occupé le siège du principal parti d'opposition, et la justice a écarté sa direction.
- Les luttes d'influence pour la succession d'Erdogan ont déjà commencé entre trois prétendants, dont son fils cadet Bilal, selon des informations concordantes.
Question kurde et processus de paix
- La Turquie s'apprête à libérer et réinsérer des milliers de combattants de la guérilla kurde du PKK, en vertu d'une loi adoptée le 10 août après deux années de pourparlers de paix.
- Un premier groupe de plusieurs milliers de membres de la guérilla devrait sortir de prison et retourner à la vie civile.
- Le processus de paix avec les Kurdes du PKK est en grand péril : les discussions sont enlisées et l'offensive lancée par le gouvernement syrien, allié d'Ankara, contre sa propre population kurde complique la situation.
- Il y a un an, Abdullah Öcalan, chef historique de la guérilla kurde, appelait à déposer les armes.
- Une délégation kurde s'est entretenue avec Öcalan en prison avant une rencontre prévue avec Erdogan.
Tensions internationales et diplomatie
- La tension est montée entre Israël et la Turquie : la justice turque a émis des mandats d'arrêt pour génocide contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et plusieurs responsables israéliens. Israël a rejeté ces accusations.
- La Turquie a condamné la reconnaissance du génocide arménien par Benyamin Netanyahou, Ankara accusant le dirigeant israélien d'instrumentaliser l'histoire.
- Erdogan a félicité Emmanuel Macron après l'annonce de la reconnaissance de l'État de Palestine par la France en septembre à l'ONU.
- Donald Trump a invité plusieurs dirigeants, dont Erdogan, à siéger au Conseil de la paix pour Gaza.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu en Turquie pour des pourparlers avec Erdogan afin de relancer les négociations de paix. L'émissaire américain Steve Witkoff n'était pas présent.
- Donald Trump a reçu Erdogan pour parler de contrats d'aviation civile et militaire.
- Le Royaume-Uni a conclu un accord avec la Turquie pour la vente de 20 avions de combat Eurofighter.
- La Turquie reste un refuge de plus en plus précaire pour les opposants iraniens, inquiets du rapprochement entre Ankara et le régime des mollahs.
- Ankara craint une vague de réfugiés en cas de soulèvement populaire contre le régime de Téhéran.
- Erdogan a participé à un sommet réunissant la Chine, la Russie, l'Inde et l'Iran, vitrine de nouveaux rapports internationaux.
- À Chypre Nord, le président sortant Ersin Tatar, soutenu par la Turquie, a été battu à l'élection présidentielle par Tufan Erhürman, qui veut relancer les négociations.
Société, économie et catastrophes
- Ankara subit une sécheresse record, avec des coupures d'eau plusieurs heures par jour. Les autorités rejettent les accusations de mauvaise gestion.
- Le pouvoir islamo-nationaliste a lancé depuis quinze ans une campagne massive d'ouverture d'universités, notamment dans les départements ruraux, au détriment de la qualité de l'enseignement.
- Le pharaonique projet Canal Istanbul est relancé depuis l'arrestation du maire d'Istanbul. Des millions de mètres carrés de nature sont promis à la bétonisation pour creuser un canal de 45 km afin de délester le Bosphore.
- Plus de deux ans après le séisme de février 2023, qui a fait 53 537 morts, la localité de Samandag est toujours sous les décombres. Les habitants dénoncent des discriminations de l'État central.
- Google a admis que son système d'alerte sismique, qui aurait dû prévenir dix millions de personnes, a mal fonctionné lors des séismes meurtriers.
- La Halkbank, banque turque accusée d'avoir blanchi l'argent du pétrole iranien sous embargo, semble proche d'un règlement à New York, facilité par les bonnes relations entre Ankara et Washington.
- L'international français N'Golo Kanté s'est engagé avec le club turc de Fenerbahçe après une intervention attribuée à Erdogan dans le transfert.
- Le gouverneur d'Ardahan, Mehmet Fatih Cicekli, a été démis de ses fonctions à cause de sa tenue de cycliste. Une pétition demande sa réintégration.
- Jülide Yazici, doctorante en philosophie et ancienne enseignante à Segré, réfugiée politique en France, a été arrêtée en Albanie le 4 août 2026. Elle risque l'extradition vers la Turquie et la prison. Des rassemblements de soutien ont eu lieu à Segré et Angers.
Succession, santé et vie politique
- Erdogan a reporté une visite à Abou Dhabi, citant un problème de santé du président émirati. Un message énigmatique publié sur les réseaux sociaux a été effacé peu après.
- Le président turc, septuagénaire, n'entend pas lâcher le pouvoir, mais les luttes d'influence pour sa succession ont déjà commencé entre trois prétendants, dont son fils cadet Bilal.
Source: Ouest-France.fr News