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Diljit Dosanjh, le chanteur qui ringardise la droite nationaliste hindoue

Oct 13, 2026  Twila Rosenbaum  29 views
Diljit Dosanjh, le chanteur qui ringardise la droite nationaliste hindoue

Diljit Dosanjh n’est pas seulement un chanteur. Il est devenu, en quelques années, une figure culturelle transnationale, capable de remplir des stades en Inde, de faire vibrer la diaspora pendjabie à Toronto, Londres ou Melbourne, et de s’imposer sur des scènes occidentales longtemps réservées aux stars anglo-saxonnes. Sa prestation à Coachella, en 2023, a marqué un tournant. Vêtu d’un turban et d’un kurta, il a chanté en pendjabi, mêlant bhangra, pop et traditions rurales du Pendjab. Pour beaucoup, ce moment a symbolisé l’irruption d’une Inde plurielle, éloignée des récits officiels et des crispations identitaires.

Mais c’est en Inde que son succès a pris une tournure politique. Tout au long de l’année 2024, Diljit Dosanjh a été la cible de la droite nationaliste hindoue. Le Vishwa Hindu Parishad, organisation affiliée à la mouvance hindutva, et ses relais locaux ont tenté de perturber ses concerts, d’abord en agitant des polémiques sur ses chansons, jugées trop festives, trop librement inspirées par l’alcool ou les plaisirs de la vie. Ensuite, en instrumentalisant son identité sikhe et son attachement au Pendjab. À Indore, dans le centre de l’Inde, il a répondu avec le sourire : « S’ils en ont après moi, laissez-les faire, ça ne me tuera pas. »

Puis il a lancé à la foule une phrase devenue virale : « L’Inde est-elle la propriété ancestrale de quelqu’un ? » Cette citation est attribuée au poète Rahat Indori, mort en 2020, connu pour son humour caustique et ses vers qui interrogent les prétentions de pureté nationale. Dans la bouche de Dosanjh, elle prend une couleur particulière : celle d’un artiste qui refuse d’être assigné à une seule case, qui ne se présente ni en victime ni en militant, mais qui rappelle que le pays appartient à tous ceux qui y vivent.

Des débuts modestes à la conquête du monde

Né le 6 janvier 1984 à Dosanjh Kalan, dans le district de Jalandhar, au Pendjab, Diljit Dosanjh grandit dans une famille modeste. Son père travaille dans les transports, sa mère s’occupe du foyer. Très tôt, il se passionne pour le chant et la scène. Il commence par se produire lors de fêtes locales, reprenant des chansons folkloriques et des tubes de Gurdas Maan, figure tutélaire de la musique pendjabie. Sa voix, à la fois douce et puissante, et son aisance naturelle devant le public le font remarquer.

En 2004, il sort son premier album, Ishq Da Uda Ada, qui lui ouvre les portes de l’industrie musicale régionale. Les albums s’enchaînent : Smile, Chocolate, The Next Level, puis des tubes qui deviennent des hymnes pour la jeunesse pendjabie et la diaspora. Des titres comme Proper Patola, Patiala Peg, 5 Taara, Do You Know ou Born to Shine accumulent des centaines de millions de vues. Son style mélange bhangra traditionnel, pop urbaine, hip-hop et sonorités électroniques. Il chante en pendjabi, parfois en hindi, et revendique toujours ses racines rurales.

Parallèlement à la musique, Diljit Dosanjh devient une star du cinéma pendjabi. Des films comme Jatt & Juliet, Jatt & Juliet 2, Punjab 1984, Sardaar Ji ou Ambarsariya le transforment en acteur bankable. Son jeu sobre et son humour pince-sans-rire séduisent. En 2016, il fait ses débuts à Bollywood dans Udta Punjab, où il incarne un policier grappling avec le trafic de drogue dans son État. Sa performance lui vaut une reconnaissance critique et un prix important. Il enchaîne ensuite avec des comédies et des films plus engagés, sans jamais abandonner la musique.

Coachella, un tournant symbolique

En avril 2023, Diljit Dosanjh devient le premier artiste pendjabi à se produire sur la scène principale de Coachella, en Californie. Le festival, connu pour ses têtes d’affiche internationales, l’accueille pour deux week-ends. Il apparaît en turban noir et kurta, accompagné de danseurs, et interprète un répertoire entièrement en pendjabi


Source: Courrier international News


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