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Le rappeur Doums jugé ce lundi pour des violences «habituelles» sur son ex-compagne Adèle Exarchopoulos

Jul 10, 2026  Twila Rosenbaum  6 views
Le rappeur Doums jugé ce lundi pour des violences «habituelles» sur son ex-compagne Adèle Exarchopoulos

Le rappeur Doums, de son vrai nom Mamadou Coulibaly, est une figure bien connue de la scène hip-hop française. Ancien membre du collectif L'Entourage, il a collaboré avec des artistes comme Alpha Wann, Deen Burbigo et Nekfeu. Sa carrière, lancée au début des années 2010, a connu un succès notable avec des albums comme Temps mort et Psycho. Cependant, ces dernières années, c'est surtout pour ses démêlés judiciaires que Doums fait la une des médias.

Ce lundi 29 juin 2026, il comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris pour des accusations graves de violences conjugales. Plus précisément, il est poursuivi pour « violences habituelles par conjoint » et pour non-respect d'une ordonnance de protection à l'encontre de son ex-compagne, l'actrice Adèle Exarchopoulos. Cette dernière, célèbre pour son rôle dans le film La Vie d'Adèle (Palme d'or à Cannes en 2013) et pour ses interprétations dans Les Misérables et Bac Nord, a porté plainte en octobre 2024 pour des violences qu'elle aurait subies depuis 2017.

Des faits anciens et répétés

Selon le parquet de Paris, les violences alléguées se seraient déroulées entre 2017 et 2025, soit sur une période de près de huit ans. Une première plainte, déposée en octobre 2024 par Adèle Exarchopoulos, évoquait des actes de violence commis dès 2017. Le 11 janvier dernier, l'actrice s'était présentée au commissariat de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, pour dénoncer de nouvelles violences conjugales survenues au domicile familial, en présence de leurs deux enfants. Ces faits lui ont valu un jour d'incapacité totale de travail (ITT).

Le rappeur est également accusé de non-respect d'une ordonnance de protection, une mesure judiciaire destinée à protéger la victime. Cette ordonnance, délivrée par le juge aux affaires familiales, interdit à Doums de contacter ou de s'approcher de son ex-compagne. Le non-respect de cette mesure constitue une infraction pénale aggravante.

Récidive légale et antécédents

L'audience de ce lundi est particulièrement lourde de conséquences pour Mamadou Coulibaly car il est en état de récidive légale. En effet, il a déjà été condamné à huit mois de prison avec sursis pour des violences sur son actuelle compagne. Cette précédente condamnation le place dans une situation juridique défavorable : la récidive légale permet des peines plus sévères, notamment un doublement des peines encourues. Pour les violences habituelles par conjoint, la peine maximale est de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende, mais en récidive, elle peut monter jusqu'à 20 ans.

Les accusations portent sur des « violences habituelles » ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours. Selon le code pénal français, la notion d'habitude suppose des actes répétés, même si chacun pris isolément est de faible gravité. C'est la répétition qui qualifie l'infraction. Dans le cas présent, la période de 2017 à 2025 inclut de nombreux faits présumés.

Le parcours du rappeur et le collectif L'Entourage

Doums a émergé dans le paysage du rap français au sein du collectif L'Entourage, fondé en 2010. Ce groupe, basé à Paris, a marqué une génération avec son style lyrique et sa production indépendante. Parmi ses membres notables figurent Alpha Wann, reconnu pour ses textes techniques ; Deen Burbigo, rappeur aux sonorités jazzy ; et Nekfeu, qui a connu un succès commercial massif en solo. Doums, quant à lui, s'est fait un nom avec des morceaux introspectifs, souvent centrés sur sa vie personnelle et ses luttes.

Son dernier album, Psycho (2023), a été bien accueilli par la critique, mais sa carrière est désormais entachée par des affaires judiciaires. Le collectif L'Entourage lui-même a été affecté par des scandales : Nekfeu est visé par une information judiciaire à Paris pour des accusations de violences sexuelles par une ex-compagne, même s'il n'est pas poursuivi à ce stade. Cette affaire rappelle les tensions autour de la question des violences conjugales et sexuelles dans l'industrie musicale française.

Adèle Exarchopoulos : une actrice engagée

Adèle Exarchopoulos, née en 1993, est l'une des actrices les plus talentueuses de sa génération. Révélée par La Vie d'Adèle (réalisé par Abdellatif Kechiche), elle a depuis enchaîné les rôles dans des films d'auteur et des productions grand public. Elle est également connue pour son engagement féministe et sa dénonciation des violences faites aux femmes. Cette affaire personnelle la place dans une position délicate, mais elle a choisi de porter plainte, un geste courageux qui pourrait encourager d'autres victimes à faire de même.

Elle a eu un enfant avec Doums, ce qui complique la situation, car les violences auraient eu lieu en présence de leurs enfants. Les conséquences psychologiques sur les mineurs sont souvent soulignées par les associations d'aide aux victimes. L'ordonnance de protection avait justement pour but de protéger à la fois l'actrice et ses enfants.

Le contexte des violences conjugales en France

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les violences conjugales en France. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, en 2024, 146 000 victimes de violences conjugales ont été recensées, dont 86 % de femmes. Les violences habituelles sont l'une des catégories les plus graves, car elles démontrent une emprise durable. La notion de récidié légale est un outil juridique important pour alourdir les peines des récidivistes.

Les associations féministes, comme le Collectif NousToutes, appellent à une meilleure formation des magistrats et à une application stricte des ordonnances de protection. Le cas de Doums montre que même les personnalités publiques ne sont pas à l'abri de poursuites, mais aussi que le système judiciaire peut être lent : les faits remontent à 2017 et ce n'est qu'en 2026 que le procès a lieu.

Le rappeur, pour sa part, a toujours nié les accusations, affirmant que les altercations étaient mutuelles ou exagérées. Ses avocats plaideront sans doute pour une relaxe ou une peine clémente. Cependant, la qualification de « violences habituelles » est difficile à contester face à des témoignages et des certificats médicaux.

L'audience de ce lundi est prévue pour durer plusieurs jours. Le tribunal correctionnel de Paris entendra les témoins, dont l'actrice Adèle Exarchopoulos, ainsi que les experts psychologues et les enquêteurs. Les juges devront déterminer la matérialité des faits et la culpabilité de l'accusé. En attendant, Doums reste libre sous contrôle judiciaire.

Cette affaire aura sans doute un impact sur sa carrière musicale, déjà fragilisée par les précédentes accusations. Mais surtout, elle met en lumière la persistance des violences conjugales, même dans les milieux artistiques où l'on pourrait s'attendre à une plus grande sensibilisation. Adèle Exarchopoulos, en portant plainte, a fait un pas important pour briser le silence.


Source: CNEWS News


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