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Anitta : la plus grande popstar brésilienne qui fait trembler Bolsonaro

Oct 23, 2026  Twila Rosenbaum  15 views
Anitta : la plus grande popstar brésilienne qui fait trembler Bolsonaro

Les faits clés

  • Anitta, de son vrai nom Larissa de Macedo Machado, est née le 30 mars 1993 à Rio de Janeiro.
  • Elle est devenue l’une des plus grandes popstars du Brésil et une figure majeure de l’exportation du baile funk.
  • Elle défend un discours féministe et body positive, refuse de censurer son corps et revendique sa cellulite.
  • Elle soutient la communauté LGBTQ+ et dénonce les discriminations dans le Brésil de Jair Bolsonaro.
  • Elle s’engage sur les questions raciales, policières et environnementales, et se dit proche du mouvement Black Lives Matter.
  • En 2020, un sondage national la place parmi les personnalités politiques les plus influentes du pays.

Anitta est bien plus qu’une chanteuse à succès. Derrière les milliards de vues en ligne, les chorégraphies fiévreuses et les collaborations internationales, la Brésilienne incarne une nouvelle forme de célébrité pop, à la fois glamour, politique et profondément ancrée dans les réalités sociales de son pays. Née dans les quartiers populaires de Rio de Janeiro, elle a construit une carrière hors norme, jusqu’à devenir une sorte de symbole national, comparée à Beyoncé pour son statut d’icône et pour son sens du business. Mais Anitta ne se contente pas de remplir les stades : elle utilise sa notoriété pour porter des combats féministes, défendre la communauté LGBTQ+ et critiquer les dérives du pouvoir bolsonariste.

Son histoire commence dans un Brésil où la musique populaire est à la fois un refuge, un ascenseur social et un espace d’affirmation culturelle. Larissa de Macedo Machado grandit dans un milieu modeste, élevée par une mère solo. Elle chante dès l’âge de 8 ans, notamment dans une chorale d’église, puis s’initie à la danse trois ans plus tard. Très tôt, elle comprend que la scène sera sa vie. Mais elle ne se contente pas de rêver : elle observe, apprend, travaille. Elle suit des études de gestion et développe une conscience aiguë du fonctionnement de l’industrie musicale. Cette double culture, artistique et commerciale, explique en partie sa capacité à transformer chaque projet en événement mondial.

Une star née dans les quartiers populaires de Rio

Anitta n’a jamais caché ses origines. Elle revendique son attachement à Rio de Janeiro, à ses quartiers populaires et à une culture brésilienne souvent caricaturée ou méprisée par les élites. Son surnom de reine des favelas n’est pas seulement un slogan marketing : il rappelle que sa musique plonge ses racines dans des territoires où la créativité naît souvent de la débrouille, de la fête et de la résistance. Cette proximité avec les classes populaires donne à son personnage une crédibilité que beaucoup d’artistes issus de milieux plus favorisés n’ont pas.

Sa carrière prend son envol au début des années 2010. Avec des titres comme Show das Poderosas, elle impose un style à la fois dansant, sexy et accessible. Les clips s’enchaînent, les vues explosent, les tournées s’internationalisent. Anitta devient rapidement une machine à tubes. Mais elle ne se limite pas au marché brésilien : elle chante en portugais, en espagnol et en anglais, multiplie les collaborations avec des artistes latins et américains, et tente de faire exister la pop brésilienne sur la scène mondiale. Ce positionnement est rare. Peu d’artistes brésiliens ont réussi à combiner une base populaire nationale et une ambition internationale aussi assumée.

Parmi ses succès, Veneno, Medicina, Downtown ou encore Loco témoignent de cette volonté d’occuper tous les terrains : la pop, le reggaeton, le funk, la danse. Elle a collaboré avec Cardi B, Major Lazer, Snoop Dogg ou Becky G, autant de partenariats qui lui ont permis d’élargir son audience sans renier ses racines. Son CV artistique ressemble à une carte mondialisée de la pop contemporaine, mais avec un ancrage brésilien revendiqué.

L’exportation du baile funk

L’un des combats artistiques d’Anitta consiste à faire reconnaître le baile funk comme un genre musical à part entière. Né dans les favelas de Rio, ce style a longtemps été stigmatisé, associé à la violence, à la vulgarité ou à une sous-culture. Anitta veut inverser ce regard. Elle explique vouloir exporter ce son à l’étranger pour montrer qu’il s’agit d’un art lorsqu’il est bien fait. Cette ambition n’est pas seulement esthétique : elle touche à la reconnaissance culturelle des populations marginalisées qui ont créé et fait vivre ce genre.

Cette démarche suscite des débats au Brésil. Certains puristes lui reprochent de lisser le funk pour l’adapter aux standards internationaux. D’autres saluent au contraire sa capacité à ouvrir des portes et à offrir une visibilité inédite à un style longtemps méprisé. Anitta se situe dans cette tension : elle est à la fois une artiste mainstream et une passeuse de culture populaire. Son talent consiste à transformer un son local en langage global, sans effacer totalement son origine.

Une femme d’affaires et une icône body positive

Anitta ne cache pas son goût pour le marketing et la stratégie. Elle a expliqué avoir réalisé des études de marché pour mieux se démarquer dans l’industrie musicale. Cette approche méthodique, presque entrepreneuriale, la rapproche d’une Beyoncé ou d’une Madonna : des artistes qui contrôlent leur image, leur marque et leur récit. Anitta est une working girl de la pop, fière de l’être. Elle ne voit pas de contradiction entre l’art et le business, entre la création et la promotion. Au contraire, elle considère que la maîtrise de son image fait partie de son émancipation.

Cette émancipation passe aussi par le corps. Anitta est l’une des rares popstars à revendiquer ouvertement sa cellulite. Dans un entretien, elle a affirmé avoir plus de cellulite que d’oxygène dans le corps, expliquant qu’aucun traitement ne pourrait changer cela et qu’elle refusait de suivre des régimes qu’elle déteste. Elle préfère accepter son corps et renvoyer aux autres la responsabilité de leurs jugements. Ce discours body positive est simple, direct, presque provocateur dans une industrie où la minceur reste une norme. Il explique en partie la fidélité de ses fans, qui voient en elle une femme libre, capable de dire non aux injonctions.

Anitta ne se présente pas comme une victime, mais comme une femme qui choisit ses batailles. Elle assume sa sensualité, ses formes, ses tenues, sans chercher à se conformer à une respectabilité attendue. Cette attitude agace les machos et les conservateurs, mais elle nourrit aussi son image de popstar féministe. Dans ses clips, elle met en scène des corps divers, des danses affirmées, des gestes de désir et de puissance. Elle ne demande pas la permission d’exister.

Alliée LGBTQ+ et voix des minorités

Anitta utilise aussi sa notoriété pour soutenir la communauté LGBTQ+. Dans le clip de Loco, tourné dans un paysage enneigé du Colorado, elle fait performer des figures de la mode et de la culture queer, dont la mannequin transgenre La Demi. Ce geste, discret pour certains, est significatif dans un pays où les personnes LGBTQ+ subissent des discriminations et des violences. Anitta ne se contente pas de faire de la figuration : elle affirme que la plupart des artistes brésiliens devraient soutenir cette communauté, car les artistes influencent les gens et leur façon de penser.

Sur scène, elle donne également de la visibilité aux drag queens, souvent reléguées aux marges. Elle reconnaît la difficulté de dépasser les préjugés et les obstacles auxquels ces personnes font face. Cette attention aux minorités sexuelles s’inscrit dans une posture plus large : Anitta veut parler pour ceux qui n’ont pas de voix, ou plutôt leur donner une scène. Elle ne se présente pas comme une militante théorique, mais comme une artiste qui utilise son pouvoir médiatique pour élargir l’espace de représentation.

Un engagement politique croissant

Son engagement ne s’arrête pas aux questions de genre et de sexualité. Anitta s’exprime sur le racisme, la brutalité policière et les inégalités sociales. Elle rappelle son soutien au mouvement Black Lives Matter et évoque les violences policières qui se perpétuent dans les favelas. À Rio de Janeiro, la police a tué 606 personnes entre janvier et avril 2020, un chiffre qui donne la mesure de la violence structurelle à laquelle sont confrontées les populations pauvres. Anitta ne se contente pas de danser sur cette réalité : elle la nomme.

Elle s’engage aussi sur l’environnement, un sujet particulièrement sensible sous la présidence de Jair Bolsonaro, connu pour son climato-scepticisme et pour sa politique de dérégulation en Amazonie. Anitta détaille sa sensibilisation aux défis écologiques et utilise sa plateforme pour alerter. Cette prise de parole la place en opposition culturelle et politique avec le pouvoir bolsonariste, sans qu’elle ait besoin de se présenter à une élection. Son influence est d’autant plus forte qu’elle vient du monde de la pop, pas de la politique institutionnelle.

En juin 2020, un sondage national indique qu’Anitta est la troisième personnalité politique la plus influente du Brésil. Le résultat peut surprendre, mais il traduit une réalité : dans un pays où les institutions sont contestées, les artistes peuvent devenir des repères. Anitta elle-même tempère l’idée d’une carrière politique. Elle rappelle que la loi brésilienne exige d’avoir 35 ans pour se présenter et qu’elle n’avait alors que 27 ans. Elle explique avoir reçu de nombreux appels de journalistes lui demandant si elle allait écouter les gens et se présenter, avant de répondre qu’elle essayait simplement d’aider.

Cette modestie affichée n’empêche pas son engagement de prendre de l’ampleur. Anitta est invitée à intervenir dans des cycles de conférences à Harvard ou au Massachusetts Institute of


Source: Terrafemina News


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